La sauce unagi maison se prépare avec peu d’ingrédients, mais sa réussite dépend surtout de la réduction. Elle associe sauce soja, mirin, sucre et parfois saké ou dashi, pour une sauce sucrée-salée, brillante et nappante, idéale sur l’anguille grillée, les sushis, les makis, le riz ou le tofu.
On l’appelle aussi sauce à l’anguille, sauce kabayaki, unagi no tare ou eel sauce. Dans les recettes modernes les plus courantes, elle ne contient généralement pas d’anguille. Elle l’accompagne. Cette distinction évite les confusions au moment de la préparer.
Ce qui fait vraiment une bonne sauce unagi
Une sauce japonaise liée à l’anguille grillée
En japonais, unagi signifie anguille. La sauce unagi est historiquement associée à l’anguille grillée, notamment dans l’unagi don, un bol de riz blanc japonais garni de filets d’anguille nappés d’une sauce sucrée-salée. Elle sert alors de glaçage, adhère à la surface, caramélise légèrement et donne cet aspect brillant que l’on retrouve sur les grillades japonaises.

Marc Winer la présente avec 4 ingrédients très accessibles. La base reste simple : sauce soja pour le sel et la profondeur, mirin pour la douceur aromatique, sucre ou cassonade pour la rondeur caramélisée, puis un ingrédient d’appoint selon les recettes, comme le saké ou le dashi.
Le goût recherché : sucré, salé, caramélisé, umami
Une bonne sauce unagi ne doit pas être seulement sucrée. Elle doit d’abord envelopper le palais, puis laisser apparaître le salé de la sauce soja et l’umami du mirin ou du dashi. Le sucre apporte le côté caramélisé, mais c’est la réduction qui donne la texture sirupeuse, proche d’un miel liquide.
La sauce soja apporte la base salée, le mirin arrondit le goût, le sucre épaissit l’ensemble et le dashi, s’il est ajouté, renforce la profondeur. Si l’un de ces éléments domine trop, l’équilibre se perd. Trop de soja, la sauce devient agressive. Trop de sucre, elle prend l’allure d’un sirop. Trop de cuisson, elle accroche. Cette logique permet d’ajuster la recette sans la dénaturer.
Recette de sauce unagi maison
Ingrédients pour un petit bol de sauce
Voici une version simple, inspirée des proportions classiques en cuillères, facile à refaire sans balance. Oh Mon Bento utilise notamment 8 CS de sauce soja, 8 CS de mirin, 4 CS de cassonade et 4 CC de poudre de dashi optionnelle. La recette ci-dessous reprend cette logique tout en ajoutant quelques ajustements utiles.
- 8 cuillères à soupe de sauce soja
- 8 cuillères à soupe de mirin
- 4 cuillères à soupe de cassonade ou de sucre
- 2 cuillères à soupe de saké, optionnel mais intéressant pour une sauce plus ronde
- 1 à 4 cuillères à café de poudre de dashi, optionnelle, pour renforcer l’umami
- 1 cuillère à café de fécule de maïs, seulement si vous voulez augmenter la densité
Préparation étape par étape
- Versez la sauce soja, le mirin, la cassonade et le saké dans une petite casserole à fond épais.
- Ajoutez le dashi si vous souhaitez une saveur plus profonde. Remuez pour commencer à dissoudre le sucre.
- Chauffez à feu moyen jusqu’à ce que le sucre soit complètement dissous, puis baissez légèrement le feu.
- Laissez mijoter quelques minutes en remuant régulièrement. La sauce doit réduire doucement, sans bouillir violemment.
- Arrêtez la cuisson lorsque la sauce nappe le dos d’une cuillère. Elle épaissira encore un peu en refroidissant.
- Si elle reste trop fluide, délayez la fécule de maïs dans une très petite quantité d’eau froide, ajoutez-la à la casserole et chauffez brièvement en remuant.
- Transférez la sauce dans un petit bol ou une bouteille de cuisine avec bec verseur étroit pour décorer des sushis, des makis ou des bols de riz.
Le point important est de ne pas viser une texture trop épaisse dès la casserole. Une sauce unagi chaude paraît toujours plus liquide qu’une sauce refroidie. Si vous la réduisez jusqu’à obtenir une consistance de caramel dense à chaud, elle risque de devenir collante et difficile à verser ensuite.
Texture, cuisson et dépannage : réussir la réduction
Pourquoi la sauce épaissit
La sauce unagi épaissit grâce à la combinaison du sucre et de l’évaporation. En chauffant, une partie de l’eau contenue dans la sauce soja, le mirin et le saké s’évapore. Les saveurs se concentrent, la couleur fonce légèrement et la texture devient plus nappante. C’est le principe de la réduction, simple, mais à surveiller.
Une cuisson à feu doux ou moyen est préférable. À feu trop fort, le sucre peut accrocher au fond, donner une amertume et perdre le côté brillant recherché. Remuer régulièrement évite aussi que les bords de la casserole ne caramélisent trop vite.
Que faire si la sauce est trop liquide, trop salée ou trop épaisse ?
Si la sauce est trop liquide, prolongez la cuisson quelques minutes ou ajoutez une cuillère à café de fécule de maïs délayée dans de l’eau froide. Si elle est trop salée, c’est souvent que la réduction est allée trop loin ou que la sauce soja utilisée est très puissante : ajoutez un peu de mirin ou une petite quantité d’eau, puis chauffez brièvement pour homogénéiser.
Si la sauce est trop épaisse, détendez-la avec une cuillère à soupe d’eau chaude ou de mirin. Procédez petit à petit : une sauce unagi doit rester sirupeuse, pas liquide comme une vinaigrette. Si elle a brûlé, mieux vaut recommencer, car l’amertume se diffuse rapidement dans toute la préparation.
Avec quoi utiliser la sauce unagi ?
Les usages japonais les plus naturels
La sauce unagi est idéale pour napper l’anguille grillée pendant la cuisson, afin de la caraméliser légèrement. Pour un unagi don, iRASSHAi propose par exemple une préparation avec 2 filets d’unagi, 300 g de riz blanc japonais et une sauce à base de 4 cuillères à soupe de sauce soja, 4 cuillères à soupe de mirin, 2 cuillères à soupe de sucre et 2 cuillères à soupe de saké. L’anguille précuite peut être réchauffée à 180°C pendant 8 à 10 minutes.
Elle fonctionne aussi très bien sur des makis, des nigiris légèrement grillés, des onigiris, du riz chaud ou un donburi. En finition, quelques gouttes suffisent : la sauce est concentrée, et son rôle est de rehausser le plat, pas de le noyer.
Poissons, viandes, tofu et grillades
Hors anguille, la sauce unagi devient un bon glaçage pour les poissons grillés, les brochettes de poulet, le porc, les champignons ou le tofu. Badigeonnez en fin de cuisson plutôt qu’au début : le sucre caramélise vite et peut brûler si la chaleur est trop directe.
Elle peut aussi servir de marinade courte, mais son meilleur usage reste souvent le nappage final. Sur du tofu grillé, par exemple, elle apporte le contraste entre une surface caramélisée et un cœur moelleux. Sur du riz blanc, elle suffit à transformer un bol très simple en plat réconfortant.
Unagi, kabayaki, nitsume, eel sauce et teriyaki : ne plus les confondre
| Nom | Ce que cela désigne | À retenir |
|---|---|---|
| Sauce unagi | Sauce japonaise sucrée-salée associée à l’anguille grillée | Ne contient généralement pas d’anguille dans les recettes modernes |
| Sauce kabayaki | Sauce de nappage liée à la préparation grillée de l’anguille | Très proche de la sauce unagi dans l’usage |
| Nitsume | Nom associé à une sauce réduite et nappante | Met l’accent sur la texture concentrée |
| Eel sauce | Appellation anglaise de la sauce à l’anguille | Souvent utilisée pour les sushis et les rouleaux |
| Sauce teriyaki | Sauce japonaise sucrée-salée pour laquer viandes et poissons | Proche par certains ingrédients, mais souvent moins associée à l’anguille |
La confusion vient du fait que ces sauces partagent une même famille de goûts : soja, sucre, mirin, brillance, réduction. La différence tient surtout à l’usage culinaire. La sauce unagi et la sauce kabayaki évoquent directement l’anguille grillée, tandis que la teriyaki est plus générale. Quant à eel sauce, c’est surtout une traduction pratique, fréquente dans les restaurants de sushis.
Si vous n’avez pas de mirin, Fine Dining Lovers mentionne la possibilité de le remplacer par de l’eau ou du jus d’orange. L’eau donne une version plus neutre ; le jus d’orange apporte une douceur fruitée qui s’éloigne du profil traditionnel, mais peut dépanner. Dans tous les cas, ajustez la réduction et goûtez avant de servir : c’est la meilleure manière d’obtenir une sauce unagi brillante, équilibrée et agréable à verser.
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